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Magnus Rowan
lost in the world
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Sam 27 Jan - 16:26


Les notes langoureuses s’étirent paresseusement dans l’air, la musique captive les âmes trop longtemps sevrées d’art, renforcent le caractère altier de la célèbre enseigne. Même Magnus, pourtant d’accoutumée imperméable aux charmes des mélodies de cet acabit, dodeline lentement du chef, se laissant porter par la mélopée du piano, accueillant l’étreinte vaporeuse du verre de whisky lové dans sa dextre. Il ne sait guère ce qu’il est venu au Bourbon & Branch - ses pas, en cette glaciale et morne soirée de janvier, l’ayant conduit jusqu’à l’établissement distingué -  mais il l’a trouvé. Ça fait longtemps qu’il ne s’est pas senti aussi décontracté, libéré du faix de ses tourments et démons. Pour la première fois depuis des mois, il se sent en paix, un sourire satisfait caressant ses lèvres. Partout où il pose les yeux, des hommes cossus engoncés dans d’onéreux costumes, des Circées affublées de leurs plus superbes atours, partout, ces remugles de fortune et de privilèges, qui lui sont si odieux. Il se souvient de la morgue de ces diables fats, lorsqu’il n’était personne, qu’un crève-misère parmi d’autres. Même après s’être hissé, même après son essor, le dédain n’est pas mort, il n’est qu’un parvenu, un nouveau riche ; les pécunes nouvelles et sales n’ont simplement pas le même prestige que les écus anciens de ces vénérables familles. Pourtant, de temps à autres, il aime fermer les yeux sur cette réalité, prétendre qu’il fait partie de cette élite, et trouver quelques instants de paix comme celui-ci. Toutefois, la vérité n’est jamais bien loin et reprend bien vite la place qui lui est due : il ne sera jamais des leurs.

Du coin de l’œil, il avise une jeune femme, trônant seule dans une alcôve renfoncée de la pièce. Contrairement aux autres créatures vénales, elle semble véritablement absorbée par la musique, perdue dans ses songes. Son nom s’impose presque aussitôt à lui : alma milton, future de clerq. Ces derniers sont, aux yeux de Magnus, une menace pour sa propre prépondérance, son propre avènement. Ils étendent partout leurs tentacules, s’immisçant dans toutes les sphères du business, s’appropriant la part du lion, la place que l’irlandais a toujours convoitée. Il se doit de sonder la fiancée, de jauger les faiblesses. Comme mues par leur propre volonté, ses pattes amorcent quelques pas vers la noble demoiselle, le font louvoyer entre les tables.

« Bonsoir. » fait-il avec un fin sourire. « Puis-je ? » fait-il en désignant le siège libre et, sans attendre l’autorisation, s’y laisse choir avec nonchalance. Envolé, l’accent frenchie qu’il utilise au restaurant pour courtiser les faveurs des clients, il use des rudes inflexions de son accent natal, celui du vaurien qui a gravi les échelons en versant le sang des autres. « Magnus Rowan, nous nous sommes déjà rencontrés au Capétien. » annonce-t-il, jouant les faux-modestes, sans se départir de son rictus matois. Il se souvient parfaitement de la nymphe ; il certain qu’elle laisse des traces indélébiles sur plus d’un homme. Elle paraît jeune, si jeune, nonobstant le voile froid et distant qu’elle place sur ses traits fins. « J’ai ouï-dire que nous sommes presque compatriotes. » chuchote-t-il sur le ton de confidence ; elle, la flegme anglaise, lui la pétulance irlandaise, elle haute dame, lui plébéien de la pire extrace, mais des racines britanniques tous deux. Les Milton sont une ancienne et noble famille, et Magnus a fait ses recherches ; il a dû faire jouer de ses relations, jusqu’aux liens qui l’unissent à l’IRA, pour apprendre que les nobliaux avaient, depuis quelques temps, la fâcheuse tendance à discrètement liquider leurs biens. « Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous féliciter pour vos fiançailles avec monsieur de Clerq. » Le sourire se fait imperceptiblement plus mauvais.

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Alma Milton
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Dim 28 Jan - 18:33
bercée par les accords lancinants du piano, alma sentirait presque les notes langoureuses pénétrer sa peau, sans pour autant offrir l'apaisement qu'elle recherche. elle est anxieuse, derrière la façade marbrée de ses traits sereins, et doit composer avec l'intégralité de sa maîtrise d'elle-même pour éviter à ses phalanges fébriles de pianoter trop fréquemment sur son téléphone. andrew devrait être là depuis plus d'une heure et il n'est jamais en retard. les milton ont été élevés ainsi, ponctuels et courtois, affables mais discrets, cultivés tout en demeurant humbles. la réserve somme toute britannique chevillée au coeur, loin des amerloques expansifs et vulgaires ou des français présomptueux. et si l'angoisse la ronge, c'est qu'elle ne peut qu'imaginer très distinctement la raison de son absence : sa faute. alma ne se souvient même plus de la raison de la discorde, sans doute infime. césar est rentré d'humeur ombrageuse et elle était malheureusement trop sobre pour ne pas vouloir en découdre, planter ses incisives inoffensives où elle le peut encore, profiter sournoisement d'un état d'esprit sinueux pour l'irriter, juste un peu. tâcher de gagner quelques centimètres carrés d'un terrain de jeu qui ne lui appartient pas et au sein duquel elle étouffe, jour après jour. les mots sont rapidement devenus sirupeux mais toxiques et la conversation s'est orientée vers ce mariage qui stagne depuis des mois ... des années. les reproches ont plu et alma a accusé la verve enchanteresse, perfide mais à la rhétorique impeccable jusqu'à se sentir acculée, sans réponse préfabriquée, sans sournoiserie à susurrer. oui, elle se montre d'une mauvaise foi accablante, feint de ne pas dénicher une robe à sa hauteur, déteste les traiteurs, congédie les wedding planners à la vitesse de l'éclair. évidememnt, qu'elle repousse inlassablement la date de leur union parce que c'est le seul, infime, pouvoir qu'il lui reste dans cette relation tronquée. reculer pour mieux sauter. reculer loin, si loin, que le saut ne sera plus une option parce qu'il la conduirait droit dans le vide. et souvent, la chute semble préférable à une éternité entourée des de clerq comme autant de barreaux. lorsqu'elle n'a plus su quoi répondre, comment se défendre face aux accusations, elle a capitulé, arguant qu'il n'avait qu'à s'occuper de son foutu mariage. ce n'est même pas une insulte, pas une vraie, pas un vocabulaire à effrayer les nantis mais il a suffi à assombrir le visage de césar, suffisamment pour donner envie de s'éloigner de lui. assez pour mieux respirer. c'est ce qu'elle a fait, claquant la lourde porte malgré les injonctions de césar et ses menaces voilées. "si tu passes la porte je te jure que ..." et rien, rien d'autre que l'obscurité glaciale, humide et pénétrante de liberty et ce poids immense contre sa poitrine.
palpitant erratique et corps électrique, c'est andrew qu'alma a appelé. manifestement, elle n'est pas le seule à l'avoir fait et sans doute césar a-t-il cru bon de siffler son frère comme un clébard pour lui faire payer son propre comportement. ce ne serait pas la première fois. alors elle gît là, devant son deuxième verre de vin, à se morfondre en attendant la venue d'un sauveur qui ne la rejoindra pas. sans même une dose suffisante d'alcool pour alléger le poids assourdissant qui écrase ses épaules, leste ses pas et comprime sa cage thoracique. ce n'est pas l'envie de se noyer dans l'ivresse qui l'arrête mais les regards des convives. s'enivrer en public est un manquement à la bienséance que ne saurait tolérer son tyrannique fiancé, surtout pas après une soirée aussi chaotique. elle tâche de se contenir, alma, de n'y glisser ses pulpeuses qu'à intermittences raisonnables et de laisser la musique adoucir ses moeurs. sans succès. elle a le vague-à-l'âme au creux des yeux, la poupée désarticulée, et malgré le masque digne mais peu avenant vissé sur ses traits, une voix masculine, basse et chaude, vient la saluer. un infime courant électrique vient traverser sa colonne vertébrale, coloniser sa nuque pour s'échouer à la lisière de la pulpe de ses doigts. non. c'est un non, qu'elle voudrait prononcer. non, j'attends quelqu'un. ce qui est à la fois vrai et faux, vrai car elle l'attend, faux car elle n'a plus de doutes : il ne viendra pas. mais ses lèvres rouge carmin restent closes, s'étirent en un pâle sourire de convenance alors que l'homme prend place en face d'elle. instinctivement, elle recule, redresse sa silhouette de liane au fond du siège en velours d'où elle retrouve une allure de reine des glaces. effectivement, il semble que nous ayons des amis communs. timbre velouté et plaisant, esquisse qui s'estompe docilement sur les lèvres pleines, alma l'illusionniste empêche ses émotions de poindre sur ses traits et à la place, observe attentivement le dénommé magnus rowan à l'accent à couper au couteau. large stature, regard électrique et prunelles faucon, il semble loin de ce monde de faux-semblants. loin des familles prestigieuses alliées aux ells par nature dans des fusions-acquisitions de haut-vol. loin d'être méprisable, de fait, même si alma ne peut qu'imaginer ce qu'un homme doit faire au sein de cette ville crasse pour se hisser au sommet sans compter sur sa naissance. je suis née en amérique. note alma, distante sans se montrer discourtoise. elle n'est pas d'humeur à nager dans les eaux troubles, à se rompre le cou en courbettes, alors elle coupe court, mots délicats et gestes aériens, suffisamment pour ne froisser aucun ego. à la place, elle goûte au liquide vermeil qui n'attend qu'elle et manque siffler le verre entier en entendant magnus évoquer ses fiançailles. ses phalanges blanchissent malgré elle, resserrées autour du cristal comme si elles espéraient le briser, et lorsqu'alma repose son verre, sa main fine semble lestée de plomb. merci mais ne prenez pas cette peine, les fiançailles semblent bien loin maintenant que le mariage approche à grands pas. alma feint un bonheur dont elle ignore la saveur depuis trop longtemps, alors que le solitaire qui brille à son doigt ressemble davantage à une paire de menottes qu'à un bijou précieux. supposé encenser la richesse des de clerq, il brille plus fort que le soleil, aveugle suffisamment pour qu'elle espère se le faire arracher, alma. lui et le reste, les bijoux, les étoffes précieuses et puis même elle-même. crever dans les bas-quartiers ne lui semble pas un destin moins enviable que celui qui l'attend : s'éteindre progressivement entre les bras de césar. êtes-vous un proche de césar ? de camille, peut-être ? la question semble innocente, son timbre ingénu mais la méfiance gronde. alma sait, que ses agissements sont souvent murmurés à l'oreille de son fiancé et dans cette ville tentaculaire, il est délicat de savoir à qui se vouer. si magnus est un proche de sa belle-famille, il est nécessairement un opposant et elle prendra congé aussi rapidement qu'il lui sera humainement possible. et cela, même si la solitude n'est pas tout à fait l'amie rêvée, lorsque le spectre de la dépression l'enlace si fort.



❝ on the verge of tears, she smiled. that's the strongest thing i've ever witnessed. ❞


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Magnus Rowan
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Lun 12 Fév - 16:12


Lorsqu’il prend place face à la Circée, il est presque étonné de ne pas être sitôt éconduit, jarté par une froide mais cordiale formule tirée de ces lèvres purpurines dont les orbes sont si friands. Elle est lasse, suppose-t-il, lasse d’attendre celui ou celle qui l’abandonne, seule, aux regards curieux et malévoles, aux persiflages avides, alors, peut-être juge-t-elle la présence un godelureau passé et parvenu supérieure à celle du néant. Elle se tend, pourtant, monarque des frimas, se retranche derrière ce masque pâle et cet écho de sourire. Les palabres sont suaves, compassés, une forteresse de courtoisie inexpugnable, vestige d’un conditionnement seriné depuis le bas âge, démentis par la sècheresse des affects peints sur le visage. « Des amis en commun, oui, oui. Les Ells font tellement pour la communauté. » assène-t-il avec un sérieux aussi suprême que feint, hochant le chef avec conviction. Il mentionne les Ells car ce sont eux qui l’ont cueilli dans la paume de leur main sale et l’ont soulevé jusqu’aux hautes strates, car c’est aux Ells, qu’il est loyal, les de clerq sont une menace, l’ennemi, et par extension, elle l’est aussi. Comme il doit apparaître sous un mauvais jour aux yeux nobles, ce scélérat qui s’est extirpé de la tourbe qui l’a vu naître, qui s’est bâti des marches vers le soleil en amoncelant des cadavres. Malgré lui, un sourire sardonique bourgeonne.

Il dodeline de la tête au gré des notes langoureuses, laisse l’étreinte mélodieuse lénifier ses démons, se surprenant lui-même d’être vaguement vulnérable à ces grâces. Il devra pourvoir le Capétien de pareils charmes, note-t-il distraitement, ça ne peut manquer d’engraisser les bénéfices et d’auréoler l’enseigne d’un nouveau prestige. D’un geste nonchalant, il hèle un serveur et demande à ce que les verres soient resservis. « J’avais six ans lorsque je suis arrivé ici. Je n’ai jamais rien vu de si beau que le panorama fauve de l’Irlande. » énonce-t-il avec nostalgie. Parfois, lorsqu’éreinté et broyé sous le faix de ses responsabilités, il aspire à tout claquer là, à se barrer tout droit à Dublin, à vivre de son pécule amassé grâce à ses crimes. Toutefois, la réalité le rattrape inlassablement : ça lui manquerait, tout ça. Le vice a pris racine en lui – ou peut-être qu’il a toujours été là, latent – et en a corrompu toutes ses fibres. Il a beau dire qu’il fait ça pour les gosses, sa situation est fameuse, l’or tinte abondamment, il aurait pu tirer sa révérence, déjà. Mais voilà, c’est pour ça qu’il respire; se mettre sur le fil, flirter avec cette foutue catin qu’est l’adrénaline, le pouvoir qu’il exerce sur les autres. C’est ça, véritablement, qui le fait bander. Il est irradié, déjà, un junkie qui se délecte de barboter dans toute cette merde.

C’est fugace, les jointures qui blanchissent à l’évocation des fiançailles, tandis que le masque glacé ne glisse pas, mais Magnus capte. C’est ça, de frayer avec des gueules patibulaires, des bombes à retardement, d’instinct, on porte une attention accrue aux yeux qui flambent, aux mâchoires qui se serrent, aux épaules qui se tendent et aux phalanges qui démangent. Question de survie, tout ça, histoire de pas se prendre une branlée les bras ballants. « Un événement qui ne manquera pas de captiver Liberty. » Les petits raffolent de persifler les grands, le seul plaisir qu’ils peuvent se permettre face à leur dure férule. Il glisse ça innocemment, toujours aussi matois, ce fils de putain, juste pour voir la réaction. Vraiment, il se demande si ce foutu masque se fissure, des fois. Au pieu, p’têtre, que la peau brûlante et les courbes haletantes briseraient la gangue de glace. Ou bien est-elle du genre à se mordre, silencieuse, la phalange de l’index ? Les paupières papillonnent, chassent les songes incongrus. Les prunelles s’étrécissent, à la question, sondent prudemment. « Du tout. Je les ai aperçus, une fois ou deux, au restaurant sans doute. » Il hausse une épaule. « Difficile de ne pas entendre parler de cette famille, pourtant. » Peut-être est-ce craché avec trop de venin – il n’exerce pas un contrôle aussi suprême que la belle sur lui-même – mais il s’en fout, Magnus.

Il se rencogne dans son siège, penche la tête sur le côté, sourcils légèrement froncés, et l’étudie. Elle est belle assez, sans doute en a-t-elle conscience, nonobstant la glace qui fige ses traits. Elle attrape les regards avec nonchalance et désintérêt, le sien compris. Il la désire vaguement, cette nymphe, pense-t-il en portant son élixir à ses lèvres, mais c’est ce damné masque, qui le fascine, lui qui est l’esclave de ses colères. Rowan se demande si en froissant l’égo, on froisserait le faciès. « C’est lui que vous attendez, César ? » Il penche la tête de l’autre côté, ses chicots lutinant sa lèvre inférieure. « Il ne viendra pas. » pousse-t-il d’un ton melliflu. Une heure, qu’il la guigne, une heure qu’elle attend en tripotant son téléphone. Elle doit le savoir aussi mais probablement que ça lui est désagréable de l’entendre. « C’était impoli de ma part. » constate-t-il, sans s’excuser. Il ne s’excuse jamais.

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