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boys will be boys (elijah)  :: (liberty, oregon) :: South Lake District
Nora Baker
lost in the world
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Dim 25 Fév - 18:31
« Madame Baker, monsieur Young. » La directrice de l’école primaire les invite à entrer dans son bureau. Wes est déjà là, assis sur une chaise, la mine renfrognée. Comme pour tenter de sauver les apparences, il essaye d’arranger le col déformé de son pull. Rapidement, il se résigne, s’enfonce un peu plus dans son siège, croise les bras sur sa poitrine et baisse la tête pour maximiser ses chances de ne pas croiser le regard de ses parents. En plus des vêtements abimés, Nora remarque les griffures sur le visage de son fils et les pansements aux genoux. « Il s’est battu avec un camarade de classe. » Révèle la femme au regard sévère. Elle laisse passer un temps avant d’ajouter : « Wes n’a pas voulu me raconter sa version des faits mais il semblerait qu’il ait commencé à bousculer un autre garçon. » Cette information provoque une réaction chez le gamin. Comme indigné, il s’agite sur sa chaise en maugréant des mots que les adultes ne parviennent pas à déchiffrer. Quand la directrice lui demande s’il veut parler, Wes, les sourcils froncés, hésite. Finalement, il fait le choix de se murer de nouveau dans son silence. Nora, qui ne peut s’empêcher de lorgner du côté de son fils, se rassure ; il doit seulement s’agir d’histoires entre garçons, pour se montrer qui est le véritable roi de la cour de récré. Les égratignures cicatriseront. Sa présence n’est pas indispensable. Elijah aurait très bien pu se charger seul de cette affaire.

Résignée face à cette absence totale de coopération, la directrice quitte son fauteuil pour conduire l’élève hors de la pièce. Elle donne l’ordre à son secrétaire de garder un œil sur lui. Une fois la porte fermée, le ton est plus grave : « Le comportement de Wes nous inquiète. Il est de plus en plus brusque avec ses camarades, moins attentif en classe et refuse de s’expliquer. » Le regard qu’elle pose sur eux est pénétrant ; elle les analyse pour trouver la tare qui pourraient expliquer celles de leur fils unique. « Je suis heureuse que vous ayez trouvé le temps de vous libérer. J’aurais pu en parler avec votre sœur, Madame Baker, mais il me semblait plus judicieux d’avoir cette conversation avec vous. » Habituellement, il en faut plus pour réussir à mettre Nora dans un état de profond malaise. Aujourd’hui, les règles sont différentes ; elle n’est pas au casino, ni avec les black foxes. Elle doit assurer son rôle de mère face à la plus haute autorité de cet établissement et, visiblement, sans le maitriser. Tout ce qu’elle parvient à faire, c’est esquisser un semblant de sourire convenu, dire que c’est normal et l’inciter à poursuivre. « Wes vous a parlé d’un problème à l’école ? » L’inquisitrice se donne l’air de chercher plus loin et le rajoute comme si elle n’avait pas prévu de le demander : « Il se passe peut-être quelque chose à la maison ? Avec Wes, entre vous, avec sa tante… Je n’sais pas… » Si elle devait exposer son hypothèse, la directrice parierait sur l’absence des parents : ne pas avoir le temps de récupérer son fils à l’école, c’est forcément ne pas avoir le temps de s’impliquer dans son éducation, de l’aimer, de l’écouter et de lui donner toutes ces petites choses qui contribuent au bon équilibre d’un enfant. « Non, rien, répond Nora en haussant les épaules. » Les week-ends passés avec Wes sont trop courts pour aborder les sujets fâcheux et, le plus souvent, elle s’arrange pour qu’ils ressemblent à d’interminables récréations. Oui, elle réalise son erreur. Et non, elle ne l’avouera pas. « Il vaudrait peut-être mieux qu’on lui pose directement la question. » Nora le propose à Elijah sans lui laisser le temps d’exposer tout ce qu’elle pourrait ignorer sur leur fils. « Nous avons déjà essayé de le faire, s’immisce la directrice. » « Pas moi, réplique Nora. Je n’ai même pas eu le temps de lui demander comment il allait. »
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Elijah Young
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Mar 27 Fév - 16:27
Pas plus que Wes ou Nora, Elijah n’est bavard. Dès le moment où il entre dans le bureau, il se trouve broyé par l’exiguïté de la pièce. Les cadres rivés aux murs n’ont d’yeux que pour le juger et, chaque fois qu’il les quitte de son attention moribonde, c’est le regard de Wes qui le fuit. Qu’est-ce qu’il a fait. Jamais Elijah ne se demande ce qu’on lui a fait. Bien sûr, c’est son fils ; il aura craché, frappé, le premier. C’est dans son sang d’impulsif, de petit con, de future crapule. Comme ses deux parents sont présents, même sa mère qu’on ne voit guère s’illustrer dans ce rôle depuis six ans, la convocation a un drôle d’air d’intronisation dans le monde souterrain de la violence, pile où ses Black Foxes de géniteurs  ont tendances tantôt à frayer tantôt à régner. Pourtant, il n’y a nul sentiment de fierté ou de reconnaissance dans la poitrine d’Elijah. La honte, plutôt, va pour se déverser dans ses entrailles et enchâsser chacun de ses organes. À chaque petit écart, à chaque défaut qu’il surprend dans son gamin, il sait qu’il échoue.

« À ce que je vois, l’autre môme a répondu, se contente-t-il de dire. » Elijah ne paraît pas voir la gravité, ou plutôt la minimise-t-il. Vues les contusions, ce n’était pas un massacre mais une bagarre. Il n’y a qu’à prononcer une punition assez sommaire, et dénuée de toute psychologie, et on n’en parlera plus. Au moins là-dessus Nora et Elijah seraient-ils tout de suite d’accord. L’ennui, c’est qu’ils sont là, ensemble. Ce n’est pas l’une de ces affaires qu’Ava peut traiter comme si elle était le seul parent décent de Wes. Non, il a fallu faire venir l’ovule et le spermatozoïde impliqués… Ça augure une espèce de leçon de morale, un power point en vingt-six points sur la manière d’élever un enfant, donc vingt-cinq qu’ils auront certainement ratés. Alors, instinctivement, Elijah se renfrogne. Si, d’un côté, il voudrait être un exemple pour son fils, de l’autre, il fait ce qu’il peut.

La poursuite de l’interrogatoire file un sale sentiment à Elijah. Cette femme veut leur faire dire quelque chose, avouer quelque chose. Il est presque soulagé que Nora articule à sa place, bien qu’ils sachent tous les deux qu’elle n’est pas la mieux placée pour un problème à la maison. Machinalement, comme s’il craignait qu’on lui trouve quelque chose de coupable, il va ânonner que non, rien sans même bien fouiller dans sa mémoire. De son opinion, Wes est un gamin nettement plus malin et plus tranquille qu’il ne l’était à son âge ; un objectif qui est, somme toute, très suffisant.
Elijah tranche assez vite qu’il est de l’avis de Nora : autant interroger Wes. « Laissez-la faire, intime-t-il à la ponte du primaire, sans qu’on sache s’il lui en donne l’ordre ou s’il la met en garde contre le tempérament et la pugnacité de son ex compagne. » La directrice doit se résoudre à la manœuvre, assentiment qu’elle formule autour d’un bien sûr qui lui écharpe les gencives. Ses jambes l’emmènent jusqu’à la porte où Nora disparaît. Aussi peu habitué que ça soit, Elijah a toute confiance en elle pour obtenir des tessons de vérité. Quant à lui, une fois informé, il saura quoi faire. Ce qui importe au Black Fox pour l’instant, c’est de rester vissé à ce siège et d’ôter à cette femme l’idée qu’il faut s’inquiéter pour Wes. Il n’a déjà pas les bons parents, le bon berceau ou la bonne couleur de peau… Ça en fait un candidat à une expertise scolaire trop poussée pour qu’Elijah laisse faire. Sans doute est-ce un peu aussi pour préserver son vernis grotesque de père de l’année. « Elle va très bien s’en sortir, dit-il quand le regard de son interlocutrice hésite à le laisser partir ou à le retenir. » Le battant est repoussé, non sans qu’un œil cherche après la mère et le fils et qu’une oreille tente de piller un échantillon de la conversation. Lasse et bredouille, elle revient s’asseoir. « Sa mère et moi on est séparés, rappelle-t-il ce que la femme n’aura pas manqué d’écrire au marqueur et de souligner en rouge tout en haut du dossier de Wes. Ça mettrait n’importe quel môme en colère. »
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Nora Baker
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Sam 3 Mar - 1:37
Wes Young est un gamin qui, d’ordinaire (et pour Nora cela ne représente que deux jours par semaine), ne s’arrête de parler que pour reprendre son souffle. Forcément, son mutisme soudain l’inquiète. « Wes, s’il te plait, regarde-moi. » C’est dit avec douceur, mais l’enfant persiste et l’ignore. Ses doigts caressent les rondeurs juvéniles du visage pour finir sous le menton. Si elle l’oblige à tourner la tête vers elle, les pupilles la fuient toujours. « Wes. » Le gamin reconnait cette intonation, il sait qu’il n’a pas intérêt à résister longtemps s’il espère encore éviter une punition trop sévère. Il hésite, souffle, et termine par planter ses deux billes sombres dans celles de sa génitrice. Jusqu’au bout, il va lui montrer qu’il n’est pas prêt à coopérer. « Je dois croire ce que la directrice nous a raconté ? Je dois la croire quand elle dit que mon garçon a bousculé un camarade sans aucune raison ? » Les paroles rapportées sont déformées dans l’unique but de le révolter plus qu’il ne l’a déjà été, pour qu’il ressente enfin le besoin de rétablir sa vérité. Wes la jauge : « Pourquoi j’te l’dirais ? » « Pourquoi tu ne me le dirais pas ? » Le môme plisse les yeux. Il cherche quelque chose à répondre qui pourrait la rendre aussi silencieuse qu’il ne l’est actuellement. « Parce-que tu t’en fiches. » Si Nora avait été sa propre mère, elle l’aurait giflé en le traitant d’insolent. Heureusement pour lui, et pour sa réputation auprès du personnel scolaire, Nora s’est toujours promise de ne jamais s’inspirer de ses parents et de leurs méthodes despotiques. A l’inverse, elle redouble d’amour et de tendresse pour son petit. « J’ai besoin de savoir, mon cœur. »

Les garçons ne pleurent pas et, surtout, ils ne demandent pas à leurs mères d’ouvrir leurs bras pour pouvoir se reposer contre leurs poitrines. D’instinct, Nora n’a pas le reflexe maternel de lui imposer ce contact. Elle tend seulement une main vers son fils, c’est là son seul réconfort après lui avoir tout confié. « Tu devrais apprécier, Eli. » En la voyant revenir, la directrice peine à dissimuler son impatience. Derrière elle, Wes traine des pieds. Parce-qu’il n’a pas su garder son secret jusqu’au bout, il a adopté l’attitude des combattants défaits. Maintenant, il est obligé de tout raconter, à son père et à la directrice ; il vient d’en faire la promesse à sa mère. Il répète tous les mots utilisés par cet autre garçon pour les désigner lui et ses parents, bute sur les plus vulgaires et s’emporte quand il doit justifier ses réactions. « Il a aussi dit que si p’pa et m’man viennent pas toujours me chercher à l’école, c’est parce-qu’ils veulent pas de moi. » La femme derrière son bureau cherche à s’exprimer, mais Nora lève la main pour lui signifier qu’il n’a pas encore terminé. Wes poursuit : « Alors je l’ai poussé et je lui ai donné un coup de pied. Il m’a frappé et je l’ai frappé encore plus fort. » Derrière son air timoré, Nora croit discerner un semblant de fierté chez son fils. Quelque part, ça l’amuse (un peu) et la chagrine (beaucoup) de réaliser qu’il reproduit des comportements que ses parents se sont toujours appliqués à lui cacher. Cependant, elle se demande encore si le comportement de son fils mérite d’être son principal sujet d’inquiétude. « Vous avez parlé avec les parents de ce garçon ? » Si elle n’accordait pas tant d’importance au paraître, Nora aurait certainement arboré l’expression de cette mère ravie de prouver que son gamin n’est pas le plus voyou, ou le seul voyou. « Dire des choses pareilles, à cet âge, ce n’est pas normal. » La femme derrière son bureau l’ignore pour s’adresser à son élève : « Tu es sûr de toi, Wes ? »

Machinalement, ses pupilles vont de la directrice à Wes, puis de Wes à Elijah.
Ses yeux lui reprochent de l’avoir tenu au courant de cette réunion.
Aussi, ses yeux le préviennent qu’elle n’épargnera pas cette garce.
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